Première journée des négociations (sectorielle)

Un message de Heidi Yetman, présidente de l’APEQ

le 16 janvier 2020 (Québec)

Au cours de mes 23 années en enseignement, les choses ont lentement changé.

Avec le temps, j’ai perdu mon autonomie. Il y avait plus d’étudiants ayant des besoins particuliers, plus de réunions, plus de comités, et aussi, je trouvais que mon salaire n’était pas proportionnel au coût de la vie. Je vivais de paie à paie et je me trouvais de plus en plus épuisée, stressée et inquiète. En tant que présidente locale, j’ai rencontré des centaines d’enseignants et ils m’ont tous dit qu’ils étaient aussi épuisés, stressés et inquiets.

Que s’est-il passé ? Que se passe-t-il avec l’éducation ?

Aujourd’hui, nous avons une pénurie majeure d’enseignants, il y a encore 200 postes qui ne sont pas remplis. Le ministre Roberge a déclaré cette semaine que la pénurie d’enseignants sera son plus grand défi en 2020.

Eh bien, monsieur le ministre, ce n’est pas avec ce « dépôt patronal » que vous surmonterez votre plus grand défi.

Ce n’est pas en faisant travailler les enseignants plus d’heures que vous corrigerez la pénurie d’enseignants.

Ce n’est pas en augmentant le temps d’enseignement que vous résoudrez la pénurie.

Ce n’est pas avec plus d’élèves dans la classe que vous viendrez à bout de la pénurie.

Ce n’est pas en ajoutant plus de responsabilités à la vie des enseignants que vous résoudrez la pénurie.

Ce n’est pas en ajoutant à la convention collective que les enseignants sont obligés de collaborer, obligés de participer à la vie de l’école, et obligés de faire de « la formation continue » que vous valoriserez les enseignants et surmonterez votre défi.

Ce n’est pas en payant aux enseignants le salaire le plus bas du pays que vous surmonterez votre défi.

Ce n’est pas avec ce dépôt patronal  que vous valorisez les enseignants.

Pour relever ce défi, monsieur le ministre Roberge, la solution est simple, écoutez les enseignants, écoutez ceux qui sont à la table de négociation, ils vous diront ce que vous devez faire.

En éducation, faut que ça change maintenant ! »