Lorsque l’occasion s’est présentée, j’ai décidé d’y aller de l’avant. J’avais déjà songé à occuper ce poste, mais je me disais peut-être plus tard, une fois que j’aurais acquis quelques années d’expérience comme présidente du SEP.  Mais lorsque Sébastien Joly, ancien président de l’APEQ, a accepté le poste de directeur exécutif, j’ai réalisé que je devais prendre une décision immédiate.  Mes sentiments, lors du processus de prise de décision, me semblent similaires à ceux que j’ai vécus lorsque j’avais décidé de me présenter au poste de présidente du SEP, en 2016. Ça n’a pas été une décision facile. J’ai pris le temps de m’asseoir et d’évaluer le pour et le contre. Je devais prendre en considération ma famille, les déplacements que le poste exige, mes collègues de travail, le niveau de responsabilité et de visibilité que ce poste implique, etc. Mais plus spécifiquement, j’ai pensé à la profession d’enseignement. Cette profession dans laquelle je me suis retrouvée par hasard et qui me tient tant à cœur. J’ai réalisé que je voulais m’assurer que tous les membres de la profession aient une personne sur qui ils puissent compter, une personne qui saura les écouter et qui luttera inlassablement pour eux.

Mon but est de m’assurer que la voix de tous les enseignants du système scolaire anglophone du Québec soit entendue.

Il y a plusieurs problèmes à résoudre. En visitant les écoles et en jasant avec le personnel enseignant, je me suis rendue compte que la problématique se répète : la salle de classe dite “régulière” ne l’est plus, les besoins des élèves grandissent et nous n’avons pas les ressources pour les satisfaire, une charge de travail déjà exigeante est devenue encore plus complexe, la profession n’est pas estimée à sa juste valeur et le personnel enseignant se sent surchargé et épuisé. Ces inquiétudes viennent gruger l’énergie des enseignants. Certains d’entre eux ont le sentiment que leur travail n’est plus uniquement d’enseigner. L’endurance et la survie sont désormais de mise. En discutant avec les autres dirigeants syndicaux à travers le Canada, je me rends compte que la situation est la même partout.

Le gouvernement CAQ a déclaré qu’il entendait faire de l’éducation une priorité. Seul l’avenir nous le prouvera. Les compressions budgétaires du gouvernement, sous la direction du parti libéral, ont rendu la dernière ronde de négociations très pénible. Nous avons dû lutter pour le statu quo. Les gains furent modestes, mais heureusement, les pertes ont aussi été limitées. Le ministre de l’Éducation, M. Jean-François Roberge, semble ouvert à la discussion et il s’est entretenu avec divers intervenants. Nous verrons bien, sous peu, s’il a réellement prêté attention à nos demandes.

L’année prochaine s’annonce une année de négociations… pas nécessairement une période idéale pour entreprendre de nouvelles responsabilités! Cependant, j’ai la chance d’avoir Sébastien Joly à mes côtés (il était bien entendu du côté du « pour » dans ma liste!). Sébastien demeure à l’APEQ et il possède l’expérience qui pourrait me manquer. Nous partageons une philosophie similaire et je suis convaincue qu’ensemble, nous ferons une équipe formidable. Je me réjouis à l’idée de travailler avec lui ainsi qu’avec tous les autres membres du personnel de l’APEQ.

Il s’agit donc d’un moment rempli de sentiments partagés pour moi et je souhaite profiter de cette occasion pour remercier sincèrement toutes les enseignantes et tous les enseignants du SEP. Votre soutien au cours des dernières années m’a incitée à devenir une meilleure leader. Un remerciement spécial aux conseillères et aux membres de l’exécutif du SEP pour avoir contribué à rendre mon travail plus facile et pour leur participation à créer une atmosphère de débat saine (et bien sûr dans la bonne humeur!). Plus spécialement, je souhaite remercier toutes les personnes déléguées pour leur implication et leur dévouement qui sont essentiels pour le SEP. Sans oublier le personnel de soutien du SEP pour leur dévouement afin d’assurer le bon déroulement du travail au bureau.

Je ne m’éloigne pas trop… je serai juste de l’autre côté du corridor où je continuerai de m’acharner au travail que j’adore, qui est de me battre pour la profession enseignante!

Heidi Yetman