Sommaire des résultats de l’enquête sur la violence en milieu scolaire menée auprès des membres de l’APEQ au printemps 2018

Sommaire des résultats de l’enquête sur la violence en milieu scolaire menée auprès des membres de l’APEQ au printemps 2018

La violence banalisée dans le milieu de l’éducation 

Il n’est pas rare d’entendre que la violence dans le milieu scolaire est inhérente à la profession, que le personnel enseignant est formé pour faire face à différentes clientèles ou encore, qu’elle relève même d’un manque d’expérience ou d’une mauvaise gestion de classe. La violence est banalisée au sein de la profession enseignante!

Pourtant, cette violence physique, psychologique et la cyber-intimidation provenant d’élèves, de parents, de collègues et de l’administration n’a rien d’un phénomène normal. Elle a des impacts importants, non seulement sur le système d’éducation en général, mais aussi sur la santé physique et psychologique du personnel enseignant ainsi que sur la qualité de vie au travail au quotidien.

L’envoi d’un questionnaire aux membres de l’APEQ pour tracer un portrait du phénomène

Afin de mieux cerner la problématique entourant les situations de violence, l’APEQ a réalisé une enquête, au printemps 2018, auprès de ses membres choisis aléatoirement. Plus de 650 répondants sur une possibilité de 2 378 (27,46 %) ont complété le questionnaire transmis par le biais d’une plateforme numérique (Sample Survey). Deux rencontres avec une douzaine d’enseignants de différents ordres d’enseignement ont également permis d’apporter des compléments d’information d’ordre qualitatif.

Les situations de violence vécues au cours des deux dernières années préoccupantes

56 % des répondants affirment avoir été victimes d’au moins un événement violent ou plus dans le cadre de leur travail alors que plus de 50 % ont la perception qu’il y a une augmentation du nombre de situations de violence. Enfin, 84 % mentionnent que la violence à l’égard des enseignants est un phénomène préoccupant.

Des facteurs organisationnels et sociaux identifiés

Le nombre d’élèves aux besoins particuliers intégrés dans les classes régulières, le manque de services et le peu de valorisation de la profession enseignante sont les principaux facteurs organisationnels et sociaux ciblés comme contribuant au phénomène de violence.

Les types de violence en fonction de ses quatre vecteurs 

Les élèves sont responsables des incidents de violence à 47 % (psychologique à 80 % et physique à 64 %) alors que les parents suivent à 33 % en ce qui a trait à la violence psychologique (90 %) et le cyberbullying (52 %). Les collègues et l’administration constituent d’autres vecteurs de violence à 27 % et 20 % respectivement et cette violence est principalement de type psychologique.

Peu de déclarations des incidents et manque de soutien dans l’établissement

La procédure de déclaration des incidents est inconnue pour un enseignant sur deux. Plus de 70 % des répondants ne rapportent pas les incidents parce qu’ils :

  • croient être en mesure de gérer la situation (55,69 %)
  • s’inquiètent des conséquences professionnelles (54,77 %)
  • croient que c’est normal et que ça ne requière pas une déclaration (44,31 %). 

Bien que 85 % des répondants soient familiers avec les règles de conduite de l’établissement, 37 % affirment ne pas connaître le plan d’action contre l’intimidation et la violence. De plus, dans les deux cas, 22 % affirment que les sanctions ne sont pas appliquées et que le suivi par l’administration fait défaut ce qui a pour effet d’encourager les élèves à reproduire les comportements abusifs.

Il est important de signaler que les enseignantes et enseignants interrogés considèrent que les incidents de violence ne sont pas toujours pris au sérieux par la direction (surtout avec les élèves) et, encore moins, par la commission scolaire. L’importance de répondre aux attentes des parents et de protéger la réputation de l’école cède bien souvent le pas à la protection de la santé et sécurité de son propre personnel.

Parlons-en pour que ça bouge

Afin d’amorcer le travail visant la mise en oeuvre d’actions à court et moyen terme, l’APEQ, en plus d’avoir rencontré un certain nombre de délégué(e)s syndicaux cet automne, a créé un comité provincial de santé et sécurité au travail composé d’une personne de chaque syndicat local représentant les membres enseignants oeuvrant au sein des commissions scolaires anglophones.

Il est nécessaire d’améliorer les conditions dans lesquelles sont exercées la profession enseignante et de la valoriser, et ce, pour une meilleure qualité de vie au travail, une meilleure santé du personnel qui travaille dans les centres et écoles et incidemment un meilleur système d’éducation. C’est ce que nous ferons valoir à l’aide des résultats de l’enquête dans les prochains mois parce que la violence dans les établissements est une réalité préoccupante qui nous concerne tous comme société!!!

2018-11-22T21:40:19+00:00